Auteur : Vicky
E-Mail : vickysg1@wanadoo.fr
Site Web: http://perso.wanadoo.fr/vickyfics/index.html
Genre: romance
Résumé: Depuis l'autre côté du feu de camp, il entendit son éclat de rire…
Rating: G
Situation: AU pour la saison 3
Disclaimer: pas à moi, pas de sous, juste pour le fun
Note de l'auteur: Et voilà la dernière fic pour ce thème "La valeur d'un sourire". C'était un beau thème à exploiter, même si j'y ai mis le temps! Pour info, cette fic est situé dans un futur où Sunday et First Strike n'ont jamais eu lieu. Bonne lecture à tous!
 
Ne pas publier sans mon autorisation




Confessions de minuit







Depuis l'autre côté du feu de camp, il entendit son éclat de rire.

Délaissant un instant Halling avec qui il discutait, il tourna son regard vers Elizabeth. Il la vit entourée de Teyla, et d'enfants Athosiens, à qui elle racontait une histoire un peu plus tôt. Généralement, c'était lui que les enfants venaient trouver pour une histoire, mais cette fois, ils avaient décrétés que c'était le tour d'Elizabeth. Il était resté un moment à l'écouter, son histoire à l'opposé de celles qu'il pouvait raconter. Si les garçons s'étaient un peu plains du manque de monstres au départ, les filles étaient ravies de ce nouveau type d'histoire qu'Elizabeth leur avait proposé.

S'excusant auprès d'Halling, il se rapprocha du petit groupe. Quand elle l'aperçut, Elizabeth sourit et lui fit signe de s'asseoir à côté d'elle. Les enfants étaient plongés dans une grande discussion portant vraisemblablement sur l'histoire qui venait de se terminer, et John écouta d'une oreille distraite, tout en regardant Elizabeth. Elle avait son regard posé sur les enfants, les écoutant patiemment alors qu'ils s'imaginaient la suite de l'histoire, répondant à leurs questions, et si elle avait remarqué que les yeux de John étaient sur elle, elle ne dit rien.

Ce fut, à ce moment, en la regardant de plus près, que John se rendit compte qu'Elizabeth était différente. Celle qui se trouvait assise à côté de lui, discutant avec les enfants, n'avait rien à voir avec celle qu'il côtoyait tous les jours sur Atlantis. Cette Elizabeth qu'il voyait maintenant semblait plus sereine, plus libérée.

Il savait que le comité international lui mettait la pression depuis plusieurs mois maintenant, mais ce n'était que ce soir, en la voyant presque si insouciante, qu'il se rendit compte que le stress avait pris une place permanente sur les traits de son visage. Elle était détendue, bien plus que pendant ces rares moments où elle s'accordait du repos quand ils étaient sur Atlantis.

Il se doutait que c'était le fait qu'ils ne soient pas sur Atlantis, mais au campement des Athosiens, qui faisait que son comportement avait changé. Elle ne s'inquiétait ni de son travail, ni du fait que le comité regardait en permanence par-dessus son épaule. Elle profitait de l'instant présent, à l'instar de leurs alliés et hôtes. Elle gardait probablement toujours une pensée pour leur Cité, comme lui, mais elle se laissait aller.

Il n'avait pas écouté un traitre mot de ce que racontaient les enfants, mais quand il vit Elizabeth partir dans un nouvel éclat de rire, il aurait bien aimé savoir. Le demander aurait non seulement prouvé qu'il ne s'intéressait pas à ce qui se passait autour de lui, mais aurait également porté l'attention sur lui, et ce n'était pas ce qu'il voulait.

Alors que les enfants repartaient dans une nouvelle grande discussion, John se retrouva soudain face au regard d'Elizabeth. Il ne s'était pas rendu compte qu'elle s'était tue et tournée vers lui. Il lui lança un sourire, espérant qu'elle ne poserait pas de question, mais c'était sans doute trop demander.

"J'ai quelque chose sur la figure?" demanda-t-elle, chuchotant pour ne pas déranger la discussion.

"Non."

"Alors pourquoi me regardez-vous depuis tout à l'heure?"

Elle avait donc remarqué son petit manège, et depuis le départ à en juger par ses paroles.

Il ferma les yeux un instant, espérant à la fois trouver une réponse valable, mais aussi que l'attention d'Elizabeth soit reportée sur les enfants quand il les rouvrirait. C'était peine perdu. En les rouvrant, il tomba directement sur ses yeux qui le scrutaient, cherchant visiblement une réponse à sa question, réponse qui ne venait désespérément pas.

"On va marcher un peu?" demanda-t-elle quand il resta silencieux.

Il fut surpris qu'elle change le sujet de conversation ainsi. Il s'attendait à ce qu'elle le presse pour une réponse, ou tout du moins à ce qu'elle ne dise rien jusqu'à ce qu'il lui en ait donné une. Mais à ça, il ne s'y attendait pas.

Hochant doucement la tête pour montrer son accord, il se leva, et lui tendit la main pour l'aider à faire de même. Elle le remercia d'un sourire, un de ceux qu'il voyait rarement, et commença à s'éloigner du feu de camp.

Il la suivit, mais quand ils arrivèrent à l'orée de la forêt, il s'arrêta.

"Vous croyez que c'est prudent de s'aventurer là dedans, de nuit?"

Il n'avait pas peur; après tout, il était un Colonel de l'Air Force qui avait connu les pires situations, surtout depuis qu'il était arrivé dans la Galaxie de Pégase. Cependant, ni lui, ni Elizabeth ne connaissaient cette forêt aussi bien que les Athosiens, et il n'aimerait vraiment pas se perdre.

"On peut rester aux abords de la forêt, si vous préférez," lui proposa-t-elle.

Acquiesçant, il lui offrit son bras. Le feu de camp et les quelques lanternes et bougies que les Athosiens avaient allumées ne portaient pas jusqu'ici, et les étoiles étaient la seule et très faible source de lumière dont ils disposaient. La dernière chose qu'il voulait c'était qu'Elizabeth tombe et ne se blesse, et il fut ravi de voir qu'elle était arrivée à une conclusion similaire quand elle passa sa main autour de son bras.

Il la laissa l'entraîner sur le chemin qui faisait le tour du camp, suffisamment loin de celui-ci pour qu'ils soient seuls. Il se demanda pourquoi elle l'avait emmené jusqu'ici, quand sa voix brisa le silence qui les entourait.

"Alors?"

"Alors, quoi?"

"Vous avez trouvé une réponse à ma question?"

Il avait pensé qu'elle avait laissé tomber, ou oublié ce moment, mais il aurait dû savoir qu'il se trompait; Elizabeth n'oubliait rien, elle gardait certaines choses de côtés pour les ressortir au moment opportun. Et il semblerait que ça soit l'un de ces moments.

"Je vous regardais parce que…"

Il s'arrêta un instant, se demandant s'il devait lui donner la vraie raison. Il décida finalement qu'étant Elizabeth, elle se rendrait compte qu'il lui mentait, et exigerait la vérité. Autant donc la lui dire dès à présent.

"Je vous vois rarement comme ça. Si détachée de votre travail, si détendue. Sur Atlantis, vous n'êtes pas ainsi."

"Vous savez, quand nous sommes dans la Cité, mon travail n'est jamais vraiment terminé. Il y a toujours quelque chose à faire, sans parler des urgences."

"Et vous ne pouvez pas vous laissez aller," termina-t-il pour elle.

"Non."

"C'est dommage…"

"Pourquoi?"

"Parce que vous êtes encore plus magnifique quand vous êtes détendue," chuchota-t-il juste assez fort pour qu'elle entende. "Rayonnante."

Elle s'arrêta de marcher à ses mots, le forçant à stopper lui aussi. Elle fit quelques pas pour se mettre devant lui et lui faire face, et il put lire la surprise sur son visage. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il dise ça. Et à vrai dire, lui non plus ne s'était pas attendu à dire ça. Il avait un instant pensé à dire une blague, quelque chose qui l'aurait faire rire et aurait détendu l'atmosphère, mais c'était ces mots qui étaient sortis de sa bouche sans qu'il n'y ait pensé.

"Quoi?" dit-elle enfin, sur le même ton.

"Vous m'avez parfaitement entendu, Elizabeth."

"Pourquoi dites-vous cela?"

"Parce que c'est la vérité."

Maintenant qu'il avait prononcé ces mots, il n'avait pas envie de revenir en arrière. Il ne savait que trop bien que chaque instant comptait dans le métier qu'ils faisaient. Il gardait toujours à l'esprit les quelques heures où il l'avait vu allongée sur ce lit dans l'infirmerie, enfermée dans un monde artificiel créé par les nanites. Cette fois, il avait eu peur, vraiment peur qu'il ne puisse pas la sauver. Il avait eu tort, bien heureusement, mais même plusieurs mois plus tard, il n'arrivait pas à s'ôter de l'esprit ce qu'il avait réalisé durant ces heures.

Il n'avait pas voulu en parler avec Elizabeth, pas juste après ce qui s'était passé. Et après, les missions et les évènements se sont accumulés, et il n'avait jamais pu lui parler. Il se dit qu'aujourd'hui peut-être, maintenant qu'il avait commencé, il pourrait enfin le lui dire.

Capturant son regard avec le sien, il prit doucement la main d'Elizabeth dans la sienne. Elle le regardait toujours avec surprise, ne comprenant pas à quoi il voulait en venir. Cependant, elle ne retira pas sa main, et ne détourna pas les yeux. Elle semblait attendre ce qui se passerait ensuite.

"Il faut qu'on parle, Elizabeth," dit-il finalement. "Ce que je viens de dire, je le pense vraiment. Et depuis longtemps, maintenant. Le jour où les nanites vous ont plongés dans ce coma, je me suis rendu compte que je tenais à vous. Que je tenais réellement à vous."

"John…," essaya-t-elle de l'arrêter.

"Non, Elizabeth. Maintenant que j'ai commencé, il faut que je termine. Après, vous ferez ce que vous voulez. Vous avez le droit d'ignorer tout ce que je vais vous dire, ce soir. Mais au moins, vous saurez. S'il m'arrive quelque chose, vous saurez" Il marqua une pause, et attendit son hochement de tête avant de continuer. "Quand je vous vois sourire comme vous l'avez fait ce soir, j'ai envie de sourire. Quand je vous vois triste, j'ai envie de vous faire rire pour vous rendre le sourire. J'ai des sentiments pour vous, Elizabeth."

Il n'était pas homme à parler de ces choses-là, en tant normal. Mais la vie dans la Galaxie de Pégase, peu de choses pouvaient être considérées comme normales. Et même si lui et son équipe étaient généralement très chanceux, il savait aussi que cette chance pouvait disparaître d'un jour à l'autre. Il se pouvait très bien qu'il ne revienne pas de sa prochaine mission.

Maintenant qu'il avait dit ce qu'il ressentait à Elizabeth, il savait qu'il n'aurait pas de regrets.

Il ne lâchait pas Elizabeth des yeux, et si elle n'avait encore rien dit, il se sentait rassuré qu'elle continuait à le regarder et qu'elle n'avait pas enlevé sa main de la sienne. Même s'il n'y avait aucune autre lumière que celle des étoiles, il pouvait voir ses yeux briller. Elle semblait émue par ses propos, mais il n'arrivait pas à savoir s'il s'agissait d'une bonne chose ou non.

"John," murmura-t-elle enfin, après plusieurs minutes de silence.

Mais ce fut tout ce qu'elle dit.

Se rapprochant doucement de lui, elle se souleva sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue. Il sentit son souffle contre son visage quand elle laissa ses lèvres s'attarder plus longtemps que nécessaire.

"Vous êtes adorable."

"On a dit beaucoup de choses de moi, mais rarement que je suis adorable," répondit-il avec un sourire.

"Je ne veux pas perdre ce qu'on a maintenant…," lui confia-t-elle alors.

"Qui vous dit qu'on y perdrait. Peut-être qu'on y gagnerait, justement."

"Peut-être, mais…"

"On peut y aller doucement," lui proposa-t-il, quand il sentit que c'était peut-être ce dont elle avait peur. "On pourrait dîner demain soir? Vous, moi, un balcon éloigné de la tour principale… Qu'en dites-vous?"

Il savait que si elle acceptait ce dîner, il aurait une chance. Quand il vit ses lèvres s'étirer en un large sourire, il sourit à son tour.

Il l'avait, sa chance.

Sa main toujours dans la sienne, Elizabeth se détourna de lui, et commença à s'éloigner. Quand elle s'aperçut qu'il ne suivait pas, elle tira sur sa main, et il se mit enfin à marcher. Rapidement, ils furent côte à côte, et sans se presser, ils continuèrent leur ballade autour du camp.

Après tout, ils avaient bien le temps.


Fin.